L'exactitude d'un étalon atomique de puissance des hyperfréquences
Institut des Étalons Nationaux
de Mesure,
Conseil National de Recherches, Canada, Ottawa, Ontario, Canada K1A 0R6
(couriel:
Alain.Michaud@nrc-cnrc.gc.ca)
27 juin, 2004
Résumé—Nous
avons construit un étalon atomique de puissance des
hyperfréquences, basé sur l'interaction
électromagnétique des atomes refroidis par laser.
Les atomes traversent une ligne de transmission en guide d'onde, et
sous l'action du champ électromagnétique, les populations
des états internes effectuent une oscillation de Rabi. Une
mesure de cette fréquence permet de déterminer la
puissance incidente. Jusqu'à 60 cycles d'oscillations furent
observés sur une plage dynamique de 20 décibels, et
l'écart type des mesures se situait à environ 0.2 %. La
fréquence mesurée s'écartait de de
celle calculée de 1.3 % avec une incertitude de 5 %
(distribution rectangulaire).
I. INTRODUCTION
Bien que les techniques
calorimétriques standard se sont avérés
très pratiques pour mesurer la puissance des
hyperfréquences, il serait avantageux de développer
des techniques alternatives, par exemple celles basées sur
la mesure des transitions atomiques. Différentes approches ont
étés étudiées dans le passé et sont
décrites dans la référence [1].
L'avènement du refroidissement laser apporte des
possibilités accrues pour des améliorations
éventuelles. Deux expériences ont déjà
démontré qu'il est possible de relier la mesure de la
fréquence de Rabi a la puissance des hyperfréquences dans
des atomes refroidis par laser. Notre premier prototype avait une
résolution de 0.3% sur une plage dynamique de 20 dB
[2,3]. À
cause de la présence de la cellule de verre il n'était
pas possible d'évaluer la distribution du champ, ni de
déterminer la puissance incidente. L'expérience du
National Institute of Standards and Technology
à consisté en un nuage d'atomes à lancé
travers une cavité résonante [4]. En dépit du
grand facteur de qualité de la cavité, ils ont
observé un accord entre la puissance mesurée en utilisant
des atomes de Césium et un puissance mètre classique,
d'environ 4 pour cent.
Dans cet article, les atomes traversent une ligne de
transmission réelle, ce qui permet une description plus
fidèle du champ électromagnétique, par
conséquent, une meilleure évaluation de la puissance
transmise. Nous donnons une description de l'instrument, et nous
montrons les résultats d'une mesure typique. Finalement nous
discutons de son exactitude.
II. Principe de fonctionnement
Le modèle qui décrit bien
l'évolution des états atomiques lorsqu'ils sont soumis
à un champ électromagnétique ont
étés développés pour l'étude des
horloges atomiques. Cependant, si la fréquence du champ est
maintenue en résonance avec celle de la transition, alors les
populations effectuent une oscillation dont la fréquence est
proportionnelle à l'amplitude du champ
électromagnétique (voir [5], chapitre 5). Pour
réaliser une mesure exacte, on doit évaluer l'amplitude
du champ sur la trajectoire des atomes et on doit également
connaître le rapport entre la puissance vue par les
atomes dans le vide et celle incidente dans l'air.
Cette expérience utilisait des atomes de
rubidium refroidis par laser, qu'on laisse tomber à travers
un guide d'onde opéré dans le mode fondamental (voir la
figure 1). L'avantage de cette approche est que la distribution
du champ est bien connue, et la puissance incidente
peut être évaluée analytiquement. Une
section du guide d'onde était maintenue sous vide à
l'aide de deux fenêtres anti-réflections et la puissance
transmise peut être mesurée simultanément par les
atomes froids, ainsi qu'un capteur de référence.
L'appareil était opéré dans le mode continu et est
compatible avec les guide d'ondes standards.

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Figure
1.
Schéma du système expérimental. Les atomes sont
piégés à l'intersection des faisceaux lasers.
Ensuite, ils traversent le guide d'onde, et ils sont
détectés à la sortie, en dessous de celui-ci.
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A. Les lasers et les systèmes optiques
Le système de lasers était
basé sur des diodes laser stabilisées en
fréquence. Le laser de refroidissement fournissait environ 35 mW
et était maintenu en résonance avec la transition
5s½,F= 2 «--» 5p3/2,F'=3 du Rb87.
Les lasers de sonde et de repompage furent accordés sur la
même transition que le laser de refroidissement, ainsi que les
transitions F=1 «--» F’=(1, 2)
respectivement.
Premièrement, environ 108 atomes
furent capturés dans un piège magnéto-optique
classique [6]. Ensuite, les atomes furent pompés optiquement,
simplement en éteignant la lumière de repompage avant
celle du laser de refroidissement à la fin de la
séquence de refroidissement. À cet instant, tous les
atomes étaient dans l'état F=1.
Avant que les atomes ne pénètrent dans
le guide, un champ magnétique de 160 milligauss,
parallèle à la composante magnétique du champ RF
est appliqué progressivement sur une période d'environ 30
ms. Les atomes traversaient le guide en 14 ms et étaient
sondées à l'aide d'un faisceau laser. Le signal de
fluorescence provenant du photodétecteur mesurait la population
du niveau F=2, de sorte que le signal provienne de la transition
mF=0 «--» m’F=0 seulement.
B. Traitement des hyperfréquences
L'étalon de puissance atomique
était comparé à un étalon de transfert,
lequel était opéré dans le mode source calibrée.
L'étalon de transfert est un coupleur directionnel en guide de 3
dB, ainsi qu'un puissance mètre hyperfréquence du type NBS-IV.
Sa sortie était branchée à un bout de la ligne de
transmission de la chambre à vide. L'autre bout de la ligne de
transmission était attaché à une charge
adaptée.
Dans cette expérience, la puissance
de l'hyperfréquence était gardée
constante (mode de fonctionnement: CW), et le profil: amplitude
vs temps, est déterminé uniquement par le temps de
passage des atomes dans le guide. Nous avons
répété l'expérience, variant à
chaque fois la puissance, et nous avons évalué le
nombre de cycles effectués. Connaissant l'expression analytique
du champ magnétique [7], nous pouvions déduire le
facteur de calibration K2, qui exprime le rapport de la puissance incidente par la puissance mesurée par le capteur témoin [1].
La fréquence de référence
appliquée à l'entrée du synthétiseur
provenait d'une horloge atomique. La fréquence de sortie du
synthétiseur était réglée parfaitement
sur la celle de la transition des atomes. Étant
donné que la fréquence de Rabi est également une
fonction du désaccord à la résonance, il
était nécessaire de régler cette fréquence
avec soin. Le signal hyperfréquence provenant du
synthétiseur était aussi asservi en amplitude à
l'aide d'un coupleur directionnel de 10 dB et un puissance mètre
hyperfréquence (monté sur un connecteur coaxial).
C. Ligne de transmission sous vide
La chambre à vide consiste en un guide d'onde de type R-70
dans lequel on fait le vide. Le mode fondamental se propage sans
réflection ni fuite. Nous nous sommes affranchi des
réflections en utilisant des fenêtres accordées aux
deux bouts de la ligne (figure 2). Chaque fenêtre consiste en
deux lames de quartz de 1 mm
d'épaisseur, séparées l'une de l'autre d'un
quart de longueur d'onde. La réflection de la première
lame annule exactement celle de la seconde le résultat est une
perte d'insertion très faible à la fréquence
d'opération. En plus, En guise de précaution
supplémentaire contre toute onde stationnaire entre les deux
fenêtres, la distance les séparant à
été choisie de telle sorte que la fréquence
d'opération est centrée entre les deux modes
rapprochés. La longueur hors tout de la ligne est d'environ 50
cm, elle celle-ci est symétrique de part et d'autre du trou
d'accès.

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Figure
2. Représentation de la ligne de transmission sous vide. La direction peut être renversée.
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La figure 3 montre les pertes d'insertion totales de
la ligne de transmission. Le trait vertical indique la fréquence
d'opération. La ligne de base de 1.5 % corresponds à
l'affaiblissement habituel d'un guide métallique rectangulaire
en cuivre. Les oscillations apparaissant des deux cotés de la
courbe sont des interférences entre les fenêtres
d'entrée et de sortie. Elles s'évanouissent
à la fréquence d'opération puisque les
fenêtres sont accordées pour ne produire aucune
réflection à cette fréquence. Les trous
d'accès sont situés tel que les atomes entrent
dans le guide au centre du coté large. Cette position
à été choisie pour obtenir une polarisation
linéaire, ainsi qu'un profil d'amplitude constant sur le
parcours des atomes. Les trous ont un diamètre de 5.7 mm et une
longueur de 12 mm, ce qui assure des fuites mesurées
négligeables. Une évaluation plus approfondie du profil
d'interaction nécessiterait une simulation numérique,
mais cela n'a pas été fait dans la présente
étude. Finalement, l'utilisation d'une géométrie
des faisceaux lasers ne requérant pas de faisceaux laser
vertical, permettrait de réduire le diamètre des trous.

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Figure
3. Réponse
en fréquence de la ligne de transmission. Le trait vertical
indique la fréquence d'opération.
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Situé à approximativement 14 cm du
centre de la ligne, on trouve une grille sur le coté
étroit du guide (non montré sur la figure). Cette grille
facilite le passage sous vide du guide.
Les mesures de pertes d'insertion furent
effectuées à l'aide d'un analyseur de réseau. Nous
avons également mesuré une section de guide d'onde
identique, ayant la même longueur. La perte d'insertion
mesurée de cette ligne était d'environ 0.8 % (+/-
0.1 %). La différence de 0.25 % entre cette valeur et celle de
la chambre à vide représente la somme de toutes les
contributions suivantes: les fenêtres accordées, les trous
d'accès où les atomes traversent la chambre, ainsi que la
grille pour le pompage à vide.
III. Résultats expérimentaux et discussion
A. Résultats des mesures
L'amplitude normalisée du signal de
photodétection est tracée à la figure 4 en
fonction de la racine carrée de la puissance incidente. Le trait
plein est un ajustement d'une fonction cosinusoïdale.
Le nombre d'échantillons à été choisi
pour déterminer avec certitude le nombre de franges en un
temps court. Les mesures furent effectuées de la
façon suivante: Trois lancés "a blanc" sont
effectués pour vérifier la qualité du
piège. Ensuite un lancé est effectué avec de la
lumière de pompage appliqué. Habituellement le
signal tombe a 10 % de la valeur précédente. Finalement,
on allume l'hyperfréquence, on laisse la l'amplitude se
stabiliser et puis on mesure trois lancés avec la lumière
de pompage ainsi que l'hyperfréquence présentes.
Les valeurs qui sont tracées sur la courbe
sont normalisées par rapport à la
différence entre les mesures avec et sans
hyperfréquences. On normalise l'axe vertical de
façon à réduire le bruit et les effets des
dérives à long terme telles que la grosseur du
piège par exemple.

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Figure
4.
Amplitude normalisée du signal de photodétection en
fonction de la racine carrée de la puissance transmise.
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La figure 4 montre jusqu'à 60 oscillations de
Rabi sur une plage allant jusqu'à 3.9 mW. Cette plage inclue la
condition de mesures employée habituellement,
c'est-à-dire 1 mW. Il serait possible d'obtenir des plages
supérieures simplement en laissant tomber les atomes à
partir d'une plus grande hauteur. La perte de contraste dans la
partie supérieure de la courbe est due à tris causes:
- Les atomes voyagent à différentes vitesses, due au
fait que la vitesse n'est pas nulle. La différence de phase
entre les atomes lents et rapides augmente au fur et à mesure
que la fréquence moyenne augmente, qui résulte en une
perte de contraste.
- L'amplitude du champ était maximale mais pas constante le long du coté large du guide, au centre.
- Le comportement sinusoïdal est donné par le
modèle en approximation tournante. Puisque le seul
paramètre important de cette figure est la fréquence
d'oscillation, nous n'avons pas tenté de caractériser
l'amplitude des oscillations, ni la décroissance du contraste.
ce genre d'analyse s'effectue habituellement en utilisant
une simulation balistique
simple de monte-carlo (classique): Les contributions de tous les
atomes sont moyennés, en supposant une distribution
des positions et vitesses initiales (voir les
références données à la section 7.4 de
la référence [6]). Cette analyse n'a pas
été effectué dans la présente étude.
Il est à noter qu'il n'est pas
nécessaire de mesurer la courbe sur toute la plage si
la puissance est connue approximativement: On a alors qu'a utiliser un
petit nombre de franges, préférablement les
dernières.
B. Linéarité et bruit des mesures
Pour évaluer la linéarité du
système, nous avons comparé une petite section de
données tracées dans la figure 4 à toute la
courbe. Chaque fluctuation Ri
tracé à la figure 5 est obtenu en ajustant trois cycles
de données (environ 30 points) à la fonction:
S(P) = - cos ( 2 ¶ fe sqrt(P) [1 + Ri ] )
Nous observons un creux autour de 2 mW ou
l'écart devient aussi grand que 0.14 %. Il est difficile de dire
si ceci est dû à un effet non-linéaire, ou
simplement au bruit. Si nous limitons la plage de mesure à moins
de 1 mW, alors l'écart type est inférieur à 0.02
%, ce qui corresponds à un temps de moyennage de 10 à 30
minutes par point (3 cycles de données).

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Figure
5. Linéarité de la fréquence de Rabi.
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C. Exactitude
Nous avons calibré l'étalon de
transfert en le comparant avec un étalon courant monté
sur connecteur PC-7 mm. Un adapteur guide d'onde vers coaxial fut
utilisé pour brancher le capteur à la source
calibrée. Les paramètres S de l'adaptateur furent
mesurés sur un analyseur de réseau et pris en compte dans
l'évaluation du facteur de correction. Nous avons obtenu une
exactitude de 2 % dans l'évaluation de puissance avec une
distribution rectangulaire.
Pour évaluer le temps d'interaction, nous
avons mesuré la distance du piège jusqu'au guide d'onde
et aussi jusqu'au faisceau sonde, et les avons comparés aux
valeurs observés. Nous avons également comparé nos
estimés au signal de temps de vol. Finalement, nous avons
estimé l'incertitude relative du temps d'interaction à 4
% (rectangulaire). Cette valeur représente en fait la source
d'incertitude la plus importante dans notre expérience.
Comparons maintenant la fréquence de Rabi fM de la figure 4 a celle déduite de la mesure de puissance incidente, fC. On trouve:
fM/fC
= 0.987 ± 0.05
Appliqué à la puissance, les deux
techniques sont en accord à 2.6 % près. L'incertitude
totale sur la puissance était inférieure à 10 %
(distribution rectangulaire) et était due principalement au
temps d'interaction (4 %) et à l'étalon de
référence (2 %). Ceci suggère que d'autres mesures
devraient être effectuées pour réduire davantage
ces incertitudes. Cependant, quoique nous ne pouvons pas dire pour le
moment que l'exactitude de cette méthode ait atteins celle d'un
étalon conventionnel, nous avons montré que le
système permet d'effectuer des mesures avec une
résolution de 0.02 % sur une plage de 20 dB sans aucune
limitation fondamentale de l'exactitude.
IV.Conclusion et perspective
Nous avons mesuré la fréquence de Rabi de l'interaction hyperfine d'un échantillon de Rb87
refroidi par laser, alors qu'il tombe a travers une ligne de
transmission hyperfréquence. Il a été possible
d'observer jusqu'à 60 oscillations pour des puissances de 3.9
mW. Ceci corresponds à une plage dynamique de 26 dB. La
fréquence des oscillations fut mesurée avec une
résolution de 0.02 %. Ces valeurs se comparent avec la
fréquence calculée, et un accord de 1.3 % fut
trouvé avec une précision de 5 % (distribution
rectangulaire). Ce résultat corresponds à un accord de
2.6 % quand on considère les mesures de puissance.
La précision de notre système pourrait
être améliorée considérablement en
réduisant l'incertitude du temps de passage à travers le
guide d'onde. Étant donné qu'il existe de nombreuses
façon d'atteindre cet objectif, ceci ne constitue pas une
obstacle majeur à la réalisation de ce type
d'étalon.
Références
[1] A.Fantom, Radio Frequency and Microwave Power
Measurement, London, Peter Peregrinius Ltd., 278
pp., 1990, IEE press, Site de l'éditeur: http://www.iee.org
[2] D.C. Paulusse, N.L. Rowell and A. Michaud,
“Realization of an Atomic Power Standard,” 2002 Conference on Precision
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2002, pp. 194–5. Disponnible: [en ligne] [arXiv.org].
Version longue: [en ligne]
[arXiv.org]
[3] D.C. Paulusse, N.L. Rowell, A. Michaud,
“Microwave Power Standard using cold Atoms,” Eighteenth International
Conference on Atomic Physics (ICAP 2002) Poster Presentation
Abstracts. Cambridge, 28 juillet - 2 aout, 2002, p. 329.
Disponnible: [Online]
[arXiv.org]
[4] E.A. Donley, T.P. Crowley, T.P. Heavner, B.F.
Riddle, “Quantum-Based Microwave Power Measurement Performed with
a Miniature Atomic Fountain,” Proceedings: 2003 IEEE International
frequency Control Symposium. Tampa Bay, 4-8 mai,
2003, pp. 135–137. Disponnible: [en ligne]
[5] J. Vanier, C. Audoin, The Quantum Physics of
Atomic Frequency Standards. Adam Hilger, Bristol, 1988, Vol. 1,2. 1567
pp.
[6] H. J. Metcalf, P. van der Straten, Laser Cooling
and Trapping. New York, Springer-Verlag, 1999, pp.
156–162.
[7] S. R. Seshadri, Fundamentals of Transmission
Lines and Electromagnetic Fields. Addison-Wesley,
Massachusetts, 1971, 598 pp.
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